La séance d’actualité 2005
Lors des 11èmes Journées de la Recherche Cunicole (Paris 29-30 novembre 2005) l’ASFC a animé la séance d’actualité avec une table ronde le mardi 29 novembre de 16h30 à 18h30 autour du thème:
Effets des conduites post-sevrage sur les performances et la santé des lapereaux
La table ronde animée par Chantal Davoust, la Présidente de l’ASFC, a été introduite par un exposé sur la situation pathologique actuelle des élevages en France vue à travers les analyses effectuées dans plusieurs laboratoire vétérinaires.
Ensuite, les 4 communications de cette séance d’actualité ont alterné avec 9 autres témoignages issus du terrain regroupés autour de 4 thèmes :
L’aliment (composition, produits ajoutés, …),
Le sevrage (plus ou moins précoce),
Le bâtiment et le matériel (gestion du rationnement, tout vide tout plein, type d’habitat) et
La conduite d’élevage (comportement des animaux et bonnes pratiques).
Plus de la moitié du temps a été consacrée à la discussion et aux échanges.
Il parait important de rappeler que si les 4 communications aux JRC des présentées lors de cette séance d’actualité ont été préalablement évaluées par un comité de lecture, le contenu des témoignages est fourni sous la seule responsabilité de leurs auteurs et ne saurait engager ni la responsabilité de l’ASFC, ni celle des organisateurs des Journées de la Recherche Cunicole
De quoi meurent les lapins d’engraissement ?
Cette analyse de la situation a été présentée par les Dr Boucher S. (Labovet) et Leplat A., (Sudelvet Conseil), au nom de l’Association des Vétérinaires Cunicoles Français (AVCF). Elle est basée sur l’observation de 1240 lapins en engraissement arrivés aux laboratoires en 2005 et provenant principalement des régions Pays de la Loire, Nord, Normandie, et sud de la France. Ces autopsies ont donné lieu à 561 analyses bactériologiques.
Les lésions de l’appareil digestif sont nettement majoritaires avec 72% des cas, mais elles ne sont pas les seules à affecter les lapins en engraissement. En effet 26% des lésions touchaient l’appareil respiratoire et seulement 2% touchaient un autre organe. La fréquence par type de lésions est mentionnée dans le graphique ci-dessous.
Suite à l’autopsie des lapins, des analyses bactériologiques ont été effectuées. Il apparaît clairement que les pasteurelles sont les agents pathogènes les plus fréquemment identifiés, puisqu’ils représentent plus de 50% des cas. Le deuxième groupe par ordre de fréquence concerne les colibacilles. Curieusement parmi eux, aucun Escherichia coli type O103 n’a été identifié, mais les auteurs de ce travail en ont trouvé dans des lapins reçus au laboratoire avant et après la période d’étude concernée.
Alimentation et santé des lapins
Dans le cadre de cette partie de la table ronde, ont d’abord été présentées 2 communications des journées de la recherche. Leur présentation a été suivie par 2 témoignages concernant les effets la formulation, l’addition d’extraits de plantes ou d’antibiotiques dans l’alimentation de lapins en situation sanitaire défavorable (EEL provoquée pour la majorité des essais)
L. Fortun-lamothe, L. Lacanal, P. Boisot, N. Jehl, P. Arveux, J. Hurtaud, G. Perrin., 2005. Influence de la stratégie alimentaire autour du sevrage sur les performances de reproduction des lapines et la santé des lapereaux : effets de l’origine et de la teneur en énergie de l’aliment. 11èmes Journées de la Recherche cunicole, 29-30 nov. 2005 Paris, ITAVI édit., 129-132.
Résumé : L’expérience porte sur 9137 lapereaux issus de 555 femelles en 927 portées et élevés sur 6 sites expérimentaux (INRA, Evialis, ITAVI, INZO°, Grimaud Frères et CPLB). Les animaux étaient répartis en trois lots (T, F et MG) qui différaient par l’aliment (T, énergétique et riche en amidon, F riche en fibres, et MG énergétique, riche en matières grasses et en fibres) reçu avant le sevrage (18-35 j) pour les femelles et autour du sevrage (18-49 jours) pour les lapereaux.
La fertilité des femelles est similaire dans les 3 lots pour les deux premiers cycles de reproduction mais plus faible dans le lot F que dans les lots T+MG au cours du 3ème cycle de reproduction (70% vs 87,8% ; P<0,05). Le poids et la taille de la portée à la naissance ne sont pas affectés par l’aliment. Les lapereaux du lot F sont plus légers au moment du sevrage que les lapereaux des lots T et MG (-4% ; P<0,001) mais cette différence n’existe plus à 63 jours d’âge. 4639 lapereaux ont été suivis du sevrage à 63 jours. La mortalité des lapereaux du sevrage à 63 jours d’âge est plus faible chez les lapereaux des lots F et MG (15,9% et 14,6% respectivement) que chez les lapereaux du lot T (21,6% ; P<0,01). Cette étude montre que la stratégie alimentaire qui consiste à distribuer autour du sevrage un aliment riche en énergie et en fibres a des répercussions bénéfiques sur l’état sanitaire des lapereaux en croissance sans affecter les performances de reproduction des femelles.
P. Boisot, J. Duperray, A. Guyonvarch, 2005. Intérêt d’une restriction hydrique en comparaison au rationnement alimentaire en bonnes conditions sanitaires et lors d’une reproduction expérimentale de l’Entéropathie Épizootique du lapin (EEL). 11èmes Journées de la Recherche cunicole, 29-30 nov. 2005 Paris, ITAVI édit., 133-136.
Résumé – L’intérêt d’une restriction hydrique (accès à l’eau de boisson 1h/jour) a été comparé à un rationnement alimentaire sévère (-35% de l’ad libitum) d’une part dans de bonnes conditions sanitaires et d’autre part lors d’une reproduction expérimentale de l’Entéropathie Épizootique du lapin (EEL). Deux lots de lapins en bonnes conditions sanitaires (189 individus) ou inoculés avec l’inoculum TEC2 (128 individus)) ont été répartis au sevrage en 3 groupes et suivis jusqu’à 67 jours d’âge : A (lot témoin), B (restriction hydrique de 31à 53 jours) et C (rationnement alimentaire de 32 à 53 jours).
En bonnes conditions sanitaires (1,6% de mortalité), la restriction hydrique se distingue du rationnement alimentaire par un rapport eau/aliment consommé très bas (1,2 contre 3,5) et une croissance compensatrice limitée lors du retour à volonté (-19% en comparaison au rationnement alimentaire). En conditions d’EEL, la restriction hydrique 1h/jour utilisée en préventif est au moins aussi efficace qu’un rationnement alimentaire (-35% de l’ad libitum) pour limiter la mortalité et la morbidité (22 points de morts en moins / témoin).
Le premier témoignage
présenté ensuite par J. Duperray (Evialis) concernait la mortalité des lapins chez lesquels l’EEL a été provoquée avec l’inoculum TEC2 de l’INRA. Trois essais ont été présentés. Dans l’essai 1, il a été démontré qu’un aliment de sevrage additionné d’extraits végétaux (non précisés) permet de réduire significativement la mortalité des lapins en engraissement (32-39 jours), comme indiqué ci dessous.
| Essai 148 lapins par lot | Aliments | Mortalité 32-69 j | Comparaison A vs B+C P = 0.009a, b P<0.05 |
| – A Standard | 33,3% a | ||
| – B Aliment de Sevrage | 18,7% ab | ||
| – C Aliment de Sevrage + Extraits Végétaux | 10,3% b |
L’essai 2 présenté dans ce témoignage était en fait celui présenté plus haut en tant que communication aux Journées de la Recherche Cunicole, mais dans lequel il s’avère que 2 autre lots avaient été mis en œuvre : un rationnement hydrique 2 h par jour qui s’avère peu efficace pour contrôler l’EEL et l’utilisation d’un aliment de sevrage supplémenté (cf. lot C essai 1). Celui-ci s’avère dans cet essai 2 aussi efficace que dans l’essai 1 pour contrôler la mortalité (14% vs 48% au témoin P<
0.01) mais sans se distinguer significativement au plan statistique du lot rationné 1 heure par 24h.
Le 3ème essai présenté dans le cadre de ce témoignage concernait l’intérêt comparatif des différents antibiotiques et d’aliments à formulation spécifique pour contrôler la mortalité des lapins chez lesquels l’EEL a été provoquée 3 jours après le début de l’engraissement. Les résultats relativement intéressant présentés ci-dessous ont cependant une portée limitée dans la mesure où il n’a été indiqué ni la nature des antibiotiques testés ni celle des extraits végétaux utilisés.
| Essai 348 lapins par lot | Aliments | Mortalité 32-69 j | Comparaison B vs C+D+E+F différence non significativeComparaison B vs C+D P = 0,036a, b P<0.05 |
| – A Témoin Standard | 12,5% a | ||
| – B Aliment de Sevrage + ExtraitsVégétaux | 6,2% ab | ||
| – C Témoin + antibiotiques 1 et 2 | 0% b | ||
| – D Alim. Sevr. + Extr. Végét. + antibiotique 1 | 0% b | ||
| – E Alim. Sevr. + Extr. Végét. + antibiotique 2 | 4,2% ab | ||
| – F Alim. Sevr. + Extr. Végét. + antibiotique 3 | 2,1% b |
Le second témoignage présenté dans cette partie de la table ronde consacrée à l’alimentation a été présenté par Claire Launay (INZO°). Il a porté sur 2 essais où des extraits de plantes (huiles essentielles + plantes séchées + …) ou des tanins (origine non déterminée) ont été ajoutés à l’alimentation des lapins en engraissement. Dans le premier essai, des extraits de plantes ou des tanins ont permis de réduire significativement la mortalité et la morbidité des lapins en engraissement dont le lot témoin a eu une mortalité globale de 31,7%: 8,3% de mortalité avec 1% d’extraits végétaux et 15% avec une addition de 0,5% de tannins. Malheureusement la cause précise de cette mortalité n’est pas connue. Toutefois, des signes cliniques évoquant l’EEL pour la majorité des décès ont été mentionnés lors de la discussion.
Dans le deuxième essai, la perturbation digestive des lapins avait une origine parfaitement connue puisqu’elle a été provoquée par l’inoculation de l’EEL. L’inclusion de tanins à l’alimentation (dose et origine non fournies) de lapins inoculés leur permet de reprendre une croissance normale plus rapidement que les lapins également inoculés, mais ne disposant que de l’aliment témoin. Dans la semaine suivant l’inoculation des 2 lots « avec EEL provoquée », les lapins de la même salle non inoculés ont eu une baisse de la vitesse de croissance significative mais nettement moins marquée que ceux inoculés. Cette baisse de croissance est la conséquence de la transmission de l’EEL dans la salle d’une cage à l’autre.
Après la présentation de ces deux communications et de ces deux témoignages, une large discussion s’est engagées entre les différents orateurs et les participants. Nous avons essayé d’en présenter ci-dessous les points les plus saillants.
– un certain nombre d’extraits de plantes ou d’additifs en général, sont susceptibles, en interaction avec la nature de l’aliment de base utilisé, de réduire les conséquences d’un certain nombre de troubles digestifs. Par contre, ils posent le plus souvent un énorme problème de traçabilité dans la mesure où on ne connaît généralement pas leur nature exacte et où de ce fait on est jamais certain d’employer toujours le même produit.
– si certain extraits ont des actions effectives dans certains cas, leur coût est généralement élevé (incidence de plusieurs centimes d’Euro sur le prix de l’aliment fini) et leur emploi systématique ne saurait donc être préconisé. Il faudra s’habituer à changer d’extraits en fonction des conditions de terrain comme on adapte l’usage des antibiotiques à chaque situation pathologique. Ceci suppose toutefois que l’on ait à l’avenir une meilleure connaissance des molécules actives présentes dans tel ou tel extrait végétal de manière à pourvoir l’employer à bon escient en fonction de son mode d’action reconnu. Il n’y a pas, il n’y aura jamais de produit unique qui guérissent tous les troubles des lapins
– il a été confirmé que la composition chimique (formulation) de l’aliment consommé par les lapereaux autour ou juste après le sevrage est susceptible d’accroître ou de réduire la sensibilité des lapins à des troubles digestif tels que l’EEL.
– une autre remarque importante a été faite : dans un trop grand nombre de cas , et pas seulement dans certains de ceux présentés dans le cadre de cette table ronde, la situation pathologique des animaux malades n’est pas décrite, la cause de la mortalité n’est pas connue. C’est d’ailleurs à l’inverse l’occasion de souligner l’intérêt des différentes communications et de certains témoignages de cette table ronde dans lesquels ces causes ont été bien définies. Il est généralement irréaliste d’espérer que la solution qui s’est avérée efficace dans un élevage et dans une situation donnée puisse être encore efficace dans une autre situation ou dans un autre élevage, si on ne peut déterminer si les conditions sont les similaires.
– enfin, les effets positifs du rationnement alimentaire pour contrôler l’EEL ont été confirmés, que la réduction de consommation soit obtenue par réduction de la quantité distribuée ou par réduction du temps d’accès à l’eau. A ce propos il a été souligné que le contrôle de l’EEL par rationnement alimentation est une technique assez spécifiquement française. Par exemple dans les autres grands pays d’élevage cunicole comme l’Espagne ou l’Italie pas plus de 25% des éleveurs pratiquent le rationnement. Les autres ont essentiellement recours à une antibiothérapie systématique.
Effets des conduites post-sevrage sur les performances et la santé des lapereaux
L’âge au sevrage : conséquences
Dans cette partie de la table ronde ont été présentées 2 communications des Journées de la Recherche Cunicole. Il s’agit de 2 études conduites à l’INRA par la Station de Recherches Cunicole et visant à déterminer l’incidence d’un sevrage précoce (23 jours) d’une part sur les performances et la santé ultérieure des lapins et d’autre part sur l’efficacité de la digestion.
A. Feugier, M.N. Smit, L. Fortun-Lamothe, T. Gidenne, 2005. Interaction entre la composition de l’aliment et l’âge au sevrage sur les performances du lapin de chair. 11èmes Journées de la Recherche cunicole, 29-30 nov. 2005 Paris, ITAVI édit., 137-140.
Résumé – Cette étude a pour objectif d’évaluer l’interaction entre l’âge au sevrage (23 vs 35j) et la composition de l’aliment « de démarrage » (FEM vs LAP, en accord respectivement avec les besoins nutritionnels de la femelle ou du lapereau), distribués de 18 à 35 jours d’âge, sur la santé digestive et les performances de croissance des jeunes lapereaux. A 18 jours d’âge, 39 portées de 9 lapereaux ont été affectées dans l’un des 4 lots expérimentaux selon un schéma factoriel 2×2 : FEM23 (n=84 lapins), LAP23 (n=86), FEM35 (n=85) et LAP35 (n=74). A 35 jours les lapereaux ont été placés en cages d’engraissement (5 par cage) et ont tous reçu un même aliment d’engraissement différent de FEM et LAP.
L’ingestion et le poids vif final ne sont pas influencés par l’aliment de démarrage. Entre 23 et 35 jours d’âge aucune différence entre les lots n’a été observée concernant la quantité d’aliment sec ingérée. Après 35 jours d’âge, l’ingestion d’aliment est supérieure de 10,7% chez les lapereaux sevrés à 35j par rapport à ceux sevrés à 23j d’âge (P<0,05). Lorsque les lapereaux sont sevrés à 35j, le poids vif à 35j et à 53j est supérieur à celui des lapereaux sevrés précocement à 23j (+26,7%, +11,3% respectivement ; P<0,05). Le taux de mortalité est supérieur de 21 points et de 43 points sur les périodes 23-35j (P<0,001) et 35-53j (P<0,001) lorsque les lapereaux sont sevrés précocement (à 23j). Ces résultats suggèrent qu’un sevrage précoce augmente fortement les risques d’apparition de troubles digestifs chez les lapereaux (IRS=index de risque sanitaire). Ce risque ne semble pas pouvoir être compensé par l’utilisation jusqu’à 35 jours d’un aliment dont le ratio amidon/protéines est plus adapté aux capacités digestives des jeunes lapereaux : 0,72 contre 1,35 pour l’aliment FEM
T. Gidenne, A. Feugier, S. Lacroix, 2005. Efficacité digestive chez le lapereau sevré précocement : méthode de mesure et effets du ratio protéine sur énergie de l’aliment.
11èmes Journées de la Recherche cunicole, 29-30 nov. 2005 Paris, ITAVI édit., 141-144.
Résumé – Trois groupes de 22 lapereaux, sevrés à 23 jours d’âge, ont été placés en cage à métabolisme à raison de 2 par cage jusqu’à 32j, puis un seul par cage de 32 à 64 jours. Les animaux ont été nourris à volonté jusqu’à l’âge de 50 jours, avec un des 3 aliments expérimentaux (MAD1, 2 ou 3) différant par leur taux de protéines (resp. 14,7 – 17,8 – 20,5% MAT) mais ayant des valeurs énergétiques similaires. La collecte des fèces et le contrôle de la consommation alimentaire ont été effectués pour mesurer la digestibilité des aliments au cours de 2 périodes: 28-32 jours puis 42-46 jours. De 50 à 64 jours tous les lapins ont reçu un même aliment d’engraissement-finition.
Chez des lapereaux de 4 semaines, l’application directe de la méthode européenne de référence pour le calcul de la digestibilité des aliments conduit à surestimer la valeur énergétique (+150kcal), sans interaction avec le type l’aliment. Des valeurs de digestibilité plus cohérentes avec la physiologie du jeune de moins de 35j sont obtenues, en appliquant une correction qui prend en compte les accroissements de l’ingestion (+8% par jour) et de contenu digestif observés au cours de la période 28-32 jours. L’efficacité de la digestion des protéines ne varie pas entre 4 et 6 semaines d’âge, contrairement à celle de l’énergie qui s’accroît de 2,7 unités en moyenne (P<0,001). La digestibilité de la matière organique baisse entre les régimes MAD1 et MAD3 (-2,5 unités, P<0,01), tandis que la digestion des protéines s’accroît de 2 unités (P<0,01). Enfin, au vu des performances sur l’ensemble de la période 23-64jours, l’utilisation d’un aliment contenant plus de 110-120 g de protéines digestibles pour 1000 kcal d’énergie digestible ne semble pas justifiée pour l’alimentation des lapereaux sevrés précocement.
De la discussion relativement brève qui a suivi la présentation de ces 2 communications, il ressort que si un sevrage précoce est intéressant pour la carrière des femelles reproductrices, on doit constater que les conditions idéales d’alimentation des lapereaux eux-même n’ont pas encore été établies. Par contre l’affinement de la méthodologie nécessaire à l’étude de l’alimentation des très jeunes lapins laisse espérer des progrès prochains.











